Se faire la bise ou pas ?

Comment se dit-on bonjour en France ? On peut se contenter de dire ” Bonjour ” ou plus familièrement ” Salut “. On peut y ajouter une poignée de mains. Mais très souvent, on se fait la bise. Et ça, c’est très compliqué ! A qui fait-on la bise ? ” La ” bise ? Une seule ou plusieurs ? Eh oui, l’autre problème, c’est de savoir combien on en fait. Faire la bise, c’est tout un art !

  • TRANSCRIPTION:
    T : Tony / A : Anne / F : Fanny / P : Prescillia

    A : Alors, je voudrais savoir un petit peu comment vous vous dites bonjour entre… je sais pas… entre étudiants, entre… entre amis… tout ça… comment vous faites.
    T : Alors, beh, moi, entre… Qu’il s’agisse de filles ou de garçons, je fais la bise.
    A : Les garçons aussi ?
    T : Ouais, les garçons aussi, ouais, ouais. Depuis pas mal d’années, ouais.
    A : Oui, oui, d’accord. C’est un truc un peu surprenant, hein, ça.
    F : Oui, oui. Parce que moi, je sais que je viens du nord. Et en septembre, quand je suis arrivée, j’ai vu les garçons se faire la bise. Et ça m’a un peu surprise, quoi, parce que dans mon école, enfin même dans ma ville, les garçons se serraient la main.
    A : Oui, oui. Moi aussi, j’ai eu l’habitude de ça et quand je suis arrivée à Marseille, bon… J’ai l’impression qu’au début, je…enfin j’avais pas remarqué que les garçons se faisaient la bise et puis plus les années ont passé, et plus j’ai eu l’impression effectivement qu’ils se faisaient la bise. Et en fait, c’est vrai que j’avais… dans ma tête, au début, je me disais « Mais ils sont de la même famille ou quoi ? ». Et puis en fait, après je me rendu compte (1) que c’était pas possible ! La famille aurait été vraiment trop grande ! Et donc, ouais, c’est un petit peu surprenant, ça, c’est vrai. Et dans… dans ta famille, je sais pas, les…les hommes, comment ils font ? Parce que ça c’est peut-être un truc de jeunes ou d’étudiants, je sais pas…
    T : Ouais, plutôt de jeunes, ouais. Parce que mon père serre la main à son frère, donc…
    A : A son propre frère ?
    T : A son propre frère. A son propre frère, oui. Donc ouais, c’est plutôt récent et entre jeunes, ouais.
    A : D’accord.
    T : Et même si on se connaît même quasiment pas (2), on se fait la bise quand même. (3)
    A : Ah, même quand on se connaît pas trop… (4)
    T : Oui. Quasiment, ouais, ouais.
    A : D’accord.
    E : Je pense que c’est une histoire de génération et aussi une histoire de milieu social. Parce que moi je sais que j’étais dans un lycée un peu bourgeois, et les garçons, c’était hors de question qu’ils se fassent la bise.
    A : Oui, d’accord.
    E : Ah c’était carrément (5) leur virilité qui était mise en jeu, quoi ! C’était pas possible.
    A : C’est vrai ?
    E : Ah oui ! C’était pas possible.
    A : Donc il fallait se serrer la main et…
    E : On se serre la main, voilà, très…
    A : Oui, oui, on garde une certaine distance, quoi, finalement.
    E : Une très bonne poignée de mains. Et c’est tout.
    A : Mais entre filles ?
    E : Ah non. Entre filles, c’est la bise. Et les filles font la bise aux garçons.
    A : Oui, voilà, c’est ça.
    E : Voilà, quand c’est des filles, non, ça passe bien (6). Mais sinon (7), non.
    A : Oui, oui, oui. Bon et le problème, c’est de savoir combien de bises !
    T : C’est le grand dilemme. Ouais ! Beh à Marseille, c’est deux, deux bises. C’est la norme. Mais dans le nord, plutôt dans les Alpes, c’est trois bises.
    A : Hm, hm. C’est vrai qu’il y a des tas de régions (8) où c’est trois. Je sais pas pourquoi trois, hein. C’est vrai que c’est marrant (9). Dans le nord, c’était… Fanny… c’était…
    F : Deux, enfin en général, on faisait deux.
    A : D’accord, ouais. Et en fait, ça dépend… ça dépend des endroits. Des fois, c’est pas très loin.
    P : Non, c’est vrai, des fois c’est juste à côté. Moi, par exemple, je vois (10), mon parrain, je suis à deux heures de route, et pourtant, c’est trois bises au lieu de deux. Alors on se fait souvent avoir (11) . On sait pas. On attend de voir si c’est deux, trois, quatre. On sait jamais.
    A : Eh oui, c’est vrai parce que il y a même des régions où c’est carrément quatre ! C’est beaucoup, hein, quatre !
    E : Ça dure longtemps, la bise !
    A : Oui ! C’est vrai.
    E : Si (il )y a beaucoup de monde…
    A : Oui, oui, exactement. Oui oui, non, c’est vrai. Et moi, j’ai remarqué vraiment à Marseille, enfin dans…dans des tas de circonstances, vraiment, il faut faire la bise. Et moi, j’avais pas trop l’habitude et avec les collègues, par exemple, bon bah souvent, on se disait… enfin quand j’étais dans le nord de la France, on se disait bonjour comme ça. Et puis… bah là, non, il faut vraiment faire la bise à tout le monde et c’est vrai comme tu dis, Emilie, des fois (12), c’est… c’est long !
    E : Aussi, se faire la bise, c’est une marque de convivialité aussi. (Il ) Faut être … Faut se montrer accueillant et parfois, une simple poignée de mains, ça… ça paraît un peu froid quand même. Alors que de faire la bise, c’est chaleureux, c’est… On se sent à l’aise, quoi.
    A : C’est vrai.
    E : Tout dépend combien de temps dure la bise, mais bon .
    A:  C’est vrai. En tout cas, ce qu’il faut, c’est… c’est ça, c’est observer où on habite et faire comme les… comme les gens qui vivent là.
    E : Voilà.

    QUELQUES EXPLICATIONS :
    1. se rendre compte : comprendre.
    2. quasiment pas : presque pas
    3. quand même : malgré tout ( « malgré tout » est d’un style plus soutenu. )
    4. on se connaît pas trop = on ne se connaît pas trop. On utilise souvent trop à la place de « vraiment », pour atténuer. Par exemple : Tu aimes ça ? Non, pas trop. C’est souvent un moyen d’être moins direct.
    5. carrément : pour insister. = très nettement, directement, absolument.
    6. ça passe bien = ça paraît tout à fait naturel.
    7. Sinon, non : Si c’est entre filles, ça va. Sinon, ça ne va pas. « Sinon » signifie « dans le cas contraire », « si ce n’est pas le cas », « si la situation est différente ».
    8. des tas de régions : expression orale qui signifie « beaucoup de… »
    9. C’est marrant : on dit souvent ça quand on veut dire que c’est un peu bizarre.
    10. je vois : Fanny ne veut pas dire qu’elle voit son parrain. Mais c’est une expression qui montre qu’elle pense à cet exemple et qu’elle va nous faire partager son expérience.
    11. se faire avoir : se faire piéger. Ici, Fanny veut dire qu’on se trompe sur le nombre de bises à faire. Et dans ce cas, il y a un petit moment de flottement si l’autre personne s’attend à vous faire 3 bises et si vous retirez votre joue avant par exemple.
    12. des fois : expression orale équivalente à « parfois ».

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    One response to “Se faire la bise ou pas ?”

    1. Fredrik Pettersson says :

      Et ici on serre la main. Peut-être entre garcon et fille ou fille et fille on s’enlace. Mais on ne fait jamais la bise. Euh si quand on est bourré… bien sûr…

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