Si on parlait cuisine !

La cuisine, c’est important en France, même si le mode de vie actuel et les horaires de travail ne permettent pas toujours d’y consacrer beaucoup de temps. Chez Bernard et Françoise, dans ce domaine, les rôles sont bien définis, mais pas forcément comme on pourrait s’y attendre.

  • TRANSCRIPTION
    B : Bernard / A : Anne

    A : Bon, Bernard, qui est-ce qui cuisine chez vous ?
    B : C’est moi.
    A : C’est vrai ?
    B : Oui, c’est vrai.
    A : Bon alors, raconte un peu. Pourquoi tu cuisines ?
    B : Alors je cuisine d’abord parce que… pour plusieurs raisons. La première, c’est parce que je suis originaire du sud-ouest de la France.
    A:  Oui.
    B : Et que dans le sud-ouest de la France, il y a une… une tradition culinaire chez les hommes.
    A : Ah, c’est vrai ?
    B:  Oui.
    A : Je savais pas, tu vois, parce que bon, je sais qu’on mange bien, c’est sûr.
    B : Ah c’est lié. Mais c’est vrai qu’il y a une tradition culinaire chez les hommes. Et puis moi, il s’est trouvé que quand j’ai été nommé professeur dans la région… la région parisienne, on était une petite bande de… de garçons et on s’invitait beaucoup chez les uns, chez les autres. Et il fallait faire à manger.
    A : Oui. Et il y avait pas de femmes !
    B : Il y en avait pas… Enfin…
    A : Enfin…
    B : Il y en avait pas toujours…
    A : Elles servaient pas à ça.
    B : Elles servaient pas à ça ! Donc on… on essayait de se surprendre en faisant des soirées et en dégustant du vin et en y associant de la cuisine.
    A : D’accord mais… Donc ça veut dire que ça fait longtemps que tu cuisines quand même .
    B : Ça fait très longtemps. Je cuisine donc depuis une trentaine d’années.
    A : Mais tu as appris avec qui (1)? Avec ta mère ? Avec…
    B : Des traditions, des cuisines de tradition familiale, oui, bien sûr. Avec ma mère. Moi je cuisinais un peu chez moi. Mon père cuisine. Mon grand-père cuisinait.
    A : Ah oui ?
    B : Et puis, j’ai appris un peu tout seul aussi. J’ai appris dans des livres, j’ai appris au contact d’autres, et puis par envie.
    A : Alors que tu vois, chez moi, mon père, il savait même pas faire cuire un steak, en fait.
    B : Pas chez moi. Mes parents cuisinent. Mon père cuisine toujours.
    A : Oui, oui. D’accord.
    B : Voilà.
    A : C’est bien. Et alors, qu’est-ce que tu aimes cuisiner par exemple ?
    B : Qu’est-ce que j’aime cuisiner ? Oh beaucoup de choses ! Alors il faut séparer quand même la cuisine de tous les jours…
    A : Oui. Qui est-ce qui la fait ? Françoise ?
    B : C’est moi, c’est moi.
    A : Bon, qu’est-ce qu’elle fait Françoise ?!
    B : La quiche lorraine. (2)
    A : Bon. Grande spécialité.
    B : Grande spécialiste de la quiche lorraine ! Et moi, je cuisine tous les jours. Bon bah voilà.
    A : Mais c’est toi qui fais les menus, quoi, qui… ?
    B : Alors c’est moi qui fais les courses, c’est moi qui fais les menus et c’est moi qui fais ce qu’on mange dans la semaine, oui.
    A:  Oui, oui. Bah c’est un peu comme Jean-Claude en fait.
    B : Sans doute !
    A : Oui.
    B : Et puis il y a la cuisine quand on… quand on reçoit, quoi. Alors là, qu’est-ce que j’aime cuisiner ?… J’aime cuisiner beaucoup de plats de chez moi, enfin des plats du sud-ouest, beaucoup de magrets (3), beaucoup de canard, beaucoup de… Qu’est-ce que j’aime faire ?… J’aime faire aussi… des plats du sud, style paella, des choses comme ça.
    A:  Et les desserts, non ? Moins ?
    B : Pas du tout.
    A : Pas du tout.
    B : Je ne fais pas de desserts. C’est Françoise qui fait les desserts.
    A : C’est vrai ?
    B : Moi, je fais les entrées, des foies gras poellés, des rôtis, des viandes, des gigots d’agneau, des choses comme ça. Mais je ne fais jamais de desserts.
    A : D’accord. Et comment tu fais par exemple… avec le vin ? C’est des fois le vin qui te dicte ce que tu vas faire à… à manger ou c’est l’inverse ?
    B : Y a pas de règle de d’or. Mais parfois quand… Tout dépend qui j’invite aussi. Si j’invite des gens qui sont connaisseurs en vins et que je veux leur faire boire des bouteilles particulières, dans ce cas-là, c’est le vin qui va… qui va déterminer le repas. Voilà. Si c’est des gens que je connais pas trop, ou dont je sais peut-être qu’ils sont pas forcément des…
    A : Des amateurs.
    B : Des grands amateurs, voilà, c’est plutôt le repas… Je mettrai un vin dessus. Et peut-être de moindre qualité.
    A : D’accord. Et Françoise m’a dit qu’elle t’avait offert un super cadeau d’anniversaire, il y a pas très longtemps.
    B : Tout à fait. Donc on a découvert… Elle a découvert, en cherchant sur internet, un site dans lequel, à Toulouse, dans lequel un grand chef, enfin un chef, quelqu’un qui a travaillé dans un deux-étoiles Michelin (3), donc c’est quand même un restaurant important, organise des stages de cuisine.
    A : Oui.
    B : Alors, comment ça se passe ? Eh ben, il… Ça s’achète, quoi, par internet, on achète la prestation et on y va, mais avec un torchon, un panier. Donc le but du stage, c’est d’y faire la cuisine et de ramener ce qu’on a cuisiné.
    A : Oui, et donc tu apprends plein de…
    B : Alors on apprend plein de choses. D’abord, ce qu’il faut… Ce qu’il faut dire, c’est qu’ on peut choisir son menu, c’est-à-dire que sur internet, une fois qu’on est inscrit au cours virtuel, on a le choix de la date, c’est-à-dire que tous les mois, il affiche des menus… Le bon… le bon d’achat dure six mois, je crois. Donc on regarde le jour qui convient en fonction du menu qu’il veut faire. Moi j’avais choisi un menu qui m’intéressait. Voilà, c’était des feuilletés aux asperges et au foie gras, un suprême de volaille aux écrevisses…
    A : Oui c’est vraiment comme un grand chef !
    B : Ah oui, c’est un grand chef et le… le dessert, c’était des tuiles avec un gâteau de fruits exotiques avec de la chantilly fait main. C’était… Ce menu m’intéressait. Voilà. Donc après on va… on va à l’adresse dite, et là on fait un cours de cuisine mais on fait tout de A à Z (4), c’est-à-dire… sortir les ustensiles, préparer ses fours, préchauffer ses fours…
    A : Oui, oui. Et dans le bon ordre, enfin… Voilà.
    B : Dans le bon ordre, préparer ses viandes, couper l’échalote, la ciseler. Donc, non seulement la confection des plats, mais il y a aussi des techniques.
    A : Oui. Bah oui.
    B : Par exemple, moi je savais pas ciseler une échalote à la main.
    A : Oui, c’est impressionnant quand on les voit, là, hein.
    B : Oui, ils sont impressionnants, les mecs (5)!
    A : Et tu sais maintenant ?
    B : Maintenant je sais, j’ai appris !
    A : Bon, il va falloir que tu nous montres.
    B : Ouais, ouais. Je ne savais pas non plus faire une espèce de… une espèce de sauce qui accompagnait les… les asperges, où il récupère… Enfin dans une asperge, il ne perd rien. Il récupère la… ce qui est la partie qu’on jette habituellement des asperges, lui, il la garde, il la passe au chinois (6), il en fait une sauce qu’il mélange avec de la crème fraîche et puis des échalotes, et après, ça accompagne les asperges. Ça, je savais pas le faire.
    A : Oui, oui.
    B : Plein de choses comme ça. Très intéressantes.
    A : Et donc à la fin, tu es reparti avec ton repas… Pour combien de personnes ?
    B : Pour six personnes.
    A : Six personnes ?
    B : Pour 6 personnes. A la fin, on repart avec des… avec des boîtes, on repart avec tout ce qu’on a confectionné. On arrive à la maison, et on en fait profiter les autres.
    A : D’accord. Et alors là, qui est-ce qui en a profité ? C’est juste la famille ?
    B : La famille. Et on avait 2 amis. On avait un couple d’amis qui est venu parce qu’en fait, il y a un ami qui aurait voulu venir avec moi ce… ce jour-là mais qui s’y est pris trop tard (7). Et c’était plein, quoi. Il a pas pu s’y rajouter. Voilà. Donc j’ai dit, puisque c’est ça, je te ferai goûter. C’est ce que j’ai fait.
    A : Et alors, c’était bon ?
    B : Ah c’était bon ! C’est très bon. Mais j’ai appris plein de trucs (8).
    A : Ah oui, c’est sûr.
    B : Et je refais des recettes ou des parties de recette que j’ai apprises ce jour-là. C’est un cadeau très intéressant.
    A : Ah oui, c’est sûr. Pour tout le monde !
    B : Pour tout le monde.
    A : Il y en a qui en bénéficient.
    B : Et les enfants étaient contents… de manger la nourriture que papa avait fait en stage en fait !
    A : Eh oui ! Et eux, ils cuisinent un peu ?
    B : Martin, oui, puisqu’il est étudiant cette année. Donc il commence à faire…
    A : Oui, il est obligé… Il a quitté la maison.
    B : Alors je fais une hotline cuisine parfois le soir. C’est-à-dire qu’il m’appelle au moment du repas. Quand le téléphone sonne vers huit heures moins le quart, je sais que…
    A : C’est « Qu’est-ce que je pourrais faire à manger ? »
    B : Voilà. Ou des fois, c’est en live (9). C’est-à-dire que l’autre jour, je lui avais laissé des filets de canard que j’avais achetés, des filets de canette (10) que j’avais achetés. Ils étaient en train de brûler dans sa poêle parce qu’il s’est pas méfié avec la graisse. Donc il me dit « J’ai le feu dans la poêle »…
    A : Conseil !
    B : « J’ai le feu dans la poêle. Est- ce que c’est normal ? »
    A : Pas vraiment !
    B : Pas vraiment ! Donc, voilà.
    A : D’accord.
    B : L’autre jour, il a fait cuire des œufs et c’était bizarre, quoi !
    A : Ah bon.
    B : Il avait oublié de mettre de l’huile dans la poêle.
    A : Oui, des petites choses de base.
    B : Des détails de base.
    A : Qu’on apprend au début.
    B : Mais l’intérêt, c’est qu’il se fasse autre chose à manger que McDo (11), frites et…
    A : Exactement.
    B : Et il le fait. Il aime bien.
    A : D’accord. Merci !
    B : De rien.

    Quelques détails :
    1. Tu as appris avec qui ? : On prononce souvent juste « T’as appris… » . Mais on ne l’écrit pas comme ça.
    2. une quiche lorraine : une sorte de tarte salée avec des lardons, de la crème fraîche et des œufs.
    3. Le guide Michelin : on y trouve des restaurants sélectionnés et classés. Une vraie institution en France !
    4. de A à Z : du début jusqu’à la fin.
    5. les mecs = les gars. Mots familiers pour parler d’hommes. Le mot “mec” est de l’argot.
    6. un chinois : en cuisine, c’est une passoire très fine, qui a la forme d’un chapeau chinois.
    7. s’y prendre trop tard = décider de faire quelque chose trop tard. Pour réserver, il faut s’y prendre en avance.
    8. plein de trucs = plein de choses ( style oral et familier )
    9. en live = en direct. ( Les Français adoptent des mots anglais en les adaptant au français. )
    10. une canette : la femelle du canard
    11. McDo = McDonald’s : les Français abrègent ce nom et disent qu’ils vont au McDo. Evidemment, les jeunes vont souvent au McDo.

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    One response to “Si on parlait cuisine !”

    1. mel says :

      merci millllllleeeeee fois

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