Vivre dans une grande ville ou une ville moyenne?

Comment est-ce qu’on s’habitue à la vie marseillaise quand on vient d’une ville moyenne et qu’on fait les trajets toutes les semaines ?
C’est ce que racontent Philippe et Sophie, étudiants sur le campus Saint Jérôme.

  • TRANSCRIPTION
    S : Sophie / P : Philippe / A : Anne

    A : Alors, bonjour, Philippe et Sophie. Je voulais juste savoir… Où est-ce que vous habitez ? Parce que je sais que vous n’habitez pas à Marseille. Mais je voulais savoir d’où vous venez en fait.
    S :Alors moi, je viens de Montélimar.
    A : Oui… C’est-à-dire… ?
    S : C’est dans la Drôme. C’est… bon c’est entre Marseille et Lyon. C’est… C’est au milieu.
    A : D’accord. Il y a combien de kilomètres ?
    S : Oh il y en a bien cent cinquante. (150 )
    A : Oui, d’accord. Bon.
    S : Donc je mets bien une heure et demie, deux heures moins le quart pour faire… pour faire le trajet.
    A : Hm. En voiture ?
    S : En voiture.
    A:  Oui, oui, oui. D’accord.
    S : Avec l’autoroute.
    A : Oui, c’est ça, il y a l’autoroute.
    S : Ouais.
    A : En fait, c’est… c’est pas compliqué mais il faut…
    S : Ouais, c’est tout droit mais c’est quand même long, quoi ! (1)
    A : D’accord, oui, oui. Et Philippe ?
    P : Et moi, je viens de… d’Avignon, enfin (2) un petit village, enfin plutôt une petite ville à côté de… d’Avignon. Quinze mille ( 15 000 ) habitants environ. Et Sophie me récupère au péage (3) de… de l’autoroupe. Et je mets… enfin on met à partir du péage d’Avignon une heure environ.
    A : Oui, c’est ça. Ouais, parce qu’il faut expliquer que Avignon, c’est… c’est… c’est plus au sud que Montélimar.
    P : Voilà, c’est entre Montélimar et Marseille et c’est… c’est plus au sud donc.
    A : Mais comment vous vous connaissez en fait ?
    P : Beh, on est camarades de classe.
    A : Avant, au lycée ?
    P : Non. Non, non.
    A : Non ? Ici ?
    P : Non, à l’IUT de… de Marseille.
    A : Ah, d’accord !
    P : On s’est… Voilà, on s’est connu dans la classe. Et voilà, je lui ai posé la question où elle habitait et tout (4). Et elle m’a dit Montélimar et bon maintenant, on fait du covoiturage.
    A : D’accord !
    P : Je paye le… l’autoroute et elle, ça l’arrange. (5)
    A : Ah bon.
    P : Enfin, on a trouvé un compromis.
    A : Oui, oui, vous partagez une partie des frais, quoi, enfin les frais.
    P : C’est un bon compromis.
    A : Ah d’accord ! Oui, oui. D’accord. Non, je pensais que vous vous connaissiez d’avant et en fait comme vous me dites effectivement que vous n’êtes dans pas la même ville, tout d’un coup, je me suis dit « Mais comment ils ont compris qu’ils pouvaient faire les trajets ensemble ? ».
    S : Parce qu’en fait, il y a une coïncidence aussi, c’est que on est dans la même classe et on est dans la même résidence pour étudiants.
    A : Ah, c’est ça !
    S : Donc en fait, on s’est croisé et… Donc voilà. (6)
    A : D’accord. Ouais, c’est parfait alors !
    S : Ouais. C’était une bonne coïncidence.
    A : Oui, oui, oui. Oui, c’est bien.
    P : Tout le monde fait des économies.
    A : Oui, oui parce que c’est ça, c’est quand même cher. Combien c’est, le péage ?
    S : Ben de…
    P : C’était six euros presque, le péage.
    A : L’aller, ouais.
    P : Et l’essence, je sais pas combien.
    S : Ouais, je fais un plein (7) toutes… toutes les semaines, quoi. A peu près.
    A : Oui. C’est quoi ? C’est une petite voiture ?
    S : Une petite voiture, donc c’est trente euros, 30 € le plein, mais toutes les semaines.
    A:  Enfin là, c’est un peu moins cher maintenant, mais il y a eu une période où c’était beaucoup plus cher.
    S : Ouais, c’est sûr, ouais.
    P : L’essence, ça a pas mal augmenté. C’est un euro quatorze ( 1,14 € ) le litre d’essence.
    A:  Ouais, ouais, ça fait cher, hein, quand même.
    S : Ça va, j’ai un diesel (8) mais l’autoroute a augmenté aussi. Pas de grand-chose (9) mais il y a pas longtemps…
    A : Oui, oui, oui. Ça fait une somme.
    P : Moi, ça me permet de pas prendre le train, parce que je mets deux fois plus de temps, c’est moins pratique. Et je paye onze euros (11 € ) le voyage.
    A : Ah oui, d’accord. Oui, oui, oui. Non, c’était bien de trouver cette solution. C’est sûr. Et vous l’avez… vous avez… vous l’avez fait toute l’année, quoi, comme ça.
    P : A partir de, je sais pas, peut-être…
    S : Un mois et demi après la rentrée.
    P : Voilà. Un mois… un mois et demi après la rentrée.
    A : D’accord.
    P : Après s’être bien connu, voilà.
    S : On a commencé le covoiturage.
    A : Bon, et elle conduit bien, Sophie ?
    P : Oui, oui, ça va.
    S : Un peu pressée le vendredi à midi.
    A : Oui, Bon !
    P : La conduite des Marseillais est différente mais…
    A : C’est vrai ?
    S : Ah ouais !
    A : Vous avez vu la différence ?
    P : Bah… C’est beaucoup moins strict. C’est…
    S Ils respectent rien…
    P : Voilà, ils respectent pas grand-chose, quoi.
    S Les priorités à droite et tout ça.
    A : Il faut faire… Il faut être très prudent.
    P : Le code de la route est pas trop respecté.
    S : Ouais, voilà.
    A :Et ça se voit vraiment, même… ?
    P : Ah la différence par rapport…
    A : Pourtant, c’est pas loin, Montélimar et Avignon.
    S : Beh c’est une grande ville aussi…
    A : Oui, c’est ça.
    S : … Par rapport à chez nous.
    P : Les grandes villes, à mon avis, ils sont un peu moins… Ben il y a qu’à voir (10) les gens en scooter, les cinquante centimètres cube ( 50 cc ), il y en a aucun qui met le casque !
    A : Oui, oui, oui.
    P : Et j’ai l’impression que c’est typiquement marseillais.
    A : Non, c’est sûr, que ça surprend au début.
    S : Ouais.
    A : Après, on s’habitue mais… Enfin plus ou moins !
    S : Oui voilà. On voit un casque sur… sur un scooter…
    A : Oui, puis comme… comme vous disiez tous les deux, là, les comportements, enfin c’est vrai qu’on voit des drôles de choses quand même, hein !
    S : Ouais, au volant, c’est sûr.
    A : Au volant, oui. Et alors, c’était pas trop dur de s’adapter ?
    S : Au début, les premières fois que je suis venue, bah sur la voie rapide, là, pour venir sur Marseille, alors, ça double à droite, ça slalome, alors vraiment au début, j’étais un peu perturbée. Mais là, ça va. Je m’y fais. (11)
    A : Oui, oui. D’accord. Non parce que…
    P : Les ronds-points aussi, ils mettent jamais les clignotants.
    A : Non ! C’est vrai.
    P : Et on se demande un peu ce que fait la police, quoi, si…
    A : Oui, ça s’est vrai que c’est spécial, hein, quand même.
    S : On s’y fait.
    A : On s’y fait, oui ! Et alors, justement, oui, vous vous êtes faits à la vie à Marseille… en général ?
    S : En général, moi, j’ai l’impression de pas voir Marseille… Quoi, vu le quartier où on est, j’ai l’impression de pas voir le centre-ville. J’ai pas l’impression d’être dans Marseille, quoi, ici.
    A : D’accord. Oui, oui. Il faudrait prendre le temps d’aller…
    S : Oui, voilà. Il faut le temps d’aller en ville et tout ça.
    A : Au Vieux-Port.
    S : Oui, voilà. Je trouve qu’on est vraiment… écarté un peu de la ville.
    A : D’accord.
    S : Ici à l’IUT.
    P : Le treizième arrondissement, ouais, c’est vrai qu’il est vachement (12) reculé. Il est très au nord de Marseille. Et le temps de prendre le bus, puis le métro, pour aller en centre-ville, il y a souvent du monde… Ça… ça prend pas mal de temps et puis… enfin, c’est vrai que c’est assez quand même décalé par rapport au centre-ville qui est plus attrayant avec le Vieux Port, le soleil, la mer. Il y a tout ce qu’il faut. Et…
    A : Oui, oui. Mais c’est différent, c’est vrai. Là, on est un peu à l’écart.
    P : Un peu à côté des cités (13) et tout. C’est pas très, très beau. Enfin voilà, c’est pas… C’est pas le vrai Marseille, quoi.
    S :Ouais, voilà, c’ est pas le… le beau Marseille qu’on peut voir en carte postale, quoi.
    P : C’est pas le Marseille qu’on se représente. Quand on dit Marseille, ben on pense de suite (14 ) à la mer, etc…
    A : Mais en même temps, c’est pas loin parce que c’est vrai que…
    S : Non, c’est pas loin.
    A:  …en prenant le métro, on est en un quart d’heure, vingt minutes, on est en plein centre-ville.
    S : Ouais, c’est sûr.
    A : Donc… Oui.
    S : C’est plus la… la contrainte de… de prendre le bus, prendre le métro et tout ça. C’est vrai que nous aussi, on n’est pas habitué à tout ça. Je veux dire quand on se déplace dans notre ville, on prend la voiture, en deux minutes, on est à l’autre bout de la ville, quoi. Donc bon.
    A : Oui, alors que Marseille, prendre la voiture pour aller au centre-ville…
    S:  Faut trouver une place… Oh là, là ! (15)
    A : Ouais. Y a des embouteillages, on peut pas se garer…
    S : C’est plus pratique de prendre le métro mais…
    A : Oui, c’est sûr ! D’accord. Bah merci beaucoup !
    S : De rien !

    Quelques détails :
    1. quoi : à la fin des phrases, ça ne veut rien dire ; c’est une habitude dans une conversation familière chez pas mal de Français.
    2. enfin : ici, ça ne veut pas dire « finalement ». On l’ajoute à l’oral quand on veut nuancer, corriger un peu ce qu’on vient de dire. On le prononce très vite et on n’entend souvent que quelque chose comme « ‘fin ».
    3. le péage : les autoroutes sont payantes en France. Au péage, on prend un ticket quand on entre sur l’autoroute et on paye quand on sort de l’autoroute.
    4. et tout (ça ) : on ajoute souvent cette expression dans une conversation familière quand on ne veut pas développer tous les détails.
    5. ça l’arrange = c’est un avantage pour elle.
    6. Donc voilà : on dit ça comme une sorte de conclusion.
    7. faire le plein : remplir complètement le réservoir de la voiture. Sophie a besoin d’un plein par semaine.
    8. un diesel : en France, le gasoil – qu’on met dans les voitures diesel – est moins cher que le sans-plomb. C’est pus cher d’acheter un diesel mais si on roule beaucoup, ça vaut la peine.
    9. pas de grand-chose : pas beaucoup
    10. Il y a qu’à voir les gens en scooter = il n’y a qu’à voir… = il suffit de prendre l’exemple des gens en scooter.
    11. je m’y fais = je m’y habitue.
    12. vachement : c’est de l’argot = très. A utiliser à l’oral seulement. Très familier.
    13. les cités : dans les grandes villes, ce mot désigne les quartiers où il y a beaucoup d’immeubles et où les loyers ne sont pas aussi chers qu’ailleurs.
    14. de suite = immédiatement. L’expression complète, c’est « tout de suite ». Mais à Marseille, on dit « de suite ».
    15. Oh là, là ! : employé ici pour montrer que c’est compliqué. Sophie imagine la situation et commente avec notre « oh là, là » national !

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    2 responses to “Vivre dans une grande ville ou une ville moyenne?”

    1. Younes says :

      bonjour !
      tout d’abord je tiens à vous remercier ..parce que vraiment votre site est un endroit parfait pour ceux qui veulent apprendre le français parlé comme il faut .. deuxièmement j’aimerais bien que vous parliez de votre système politique aussi enfin pour diversifier les dialogue ,et ce, en évoquant les termes les plus utilisé en la matière pour que tout le monde puisse se familiariser avec ! et Merci !

      • Mélinda says :

        Bonjour Younes,
        Merci de votre soutien et de votre fidélité. Votre demande a bien été prise en compte. Nous espérons pouvoir y répondre.
        L’équipe de France Bienvenue

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