La Martinique, c’est aussi ça !

Voici la suite de la conversation avec Laura.
L’occasion de parler des différences entre la métropole et la Martinique.
Et aussi des cyclones…

  • Transcription :
    A : Et puis sinon, alors, bon, la Martinique, c’est français, évidemment. C’est un département français. Mais en même temps, enfin, je sais pas, on parle français mais on parle aussi le créole, non ?
    L : Oui beaucoup créole par contre.
    A : Oui ?
    L : Autant dans les écoles, bon, quand les professeurs sont énervés, comme tout le monde comprend le créole à peu près…
    A : Ah !
    L : … il y a quelques phrases qui partent en créole de temps en temps !
    A : Ah bon ? D’accord.
    L : Mais sinon, la plupart du temps, c’est le français. Mais… Entre nous, entre jeunes, on parle créole de temps en temps..
    A : Oui. Vous, vous l’avez appris. C’est pas du tout… Ça disparaît pas ?
    L : Ah non, pas du tout ! Dans la rue, on va toujours entendre un peu de créole, même si les gens parlent le plus souvent français.
    A : Oui, oui. Mais il y a des mots comme ça…
    L : Voilà.
    A : Et puis des expressions…
    L : Exactement.
    A : D’accord. Oui, oui. Et est-ce qu’il y a des… des animaux , enfin je suppose quoi, des animaux qu’on voit pas en France ? Parce que c’est quand même pas le même… la même latitude, le même climat et tout ça.
    L : Il y a beaucoup de bêtes que ici… que là-bas nous avons que vous n’avez pas ici, c’est-à-dire, bon, les serpents. Il y a toutes sortes de serpents.
    A : Oui. Des serpents dangereux ?
    L : Ça peut être les jaunes comme les… les grand, grands, grands. On peut avoir des serpents de un mètre et quelque.
    A : Mais on les trouve vers les maisons ou pas. ?
    L : Partout !
    A : Partout ?
    L : On peut en trouver partout, surtout vers les endroits où il y a des bambous. Les bambous, parce qu’ils aiment la chaleur, donc en fait, ils se mettent dans les bambous et ils aiment que la chaleur leur tape dessus. Donc…
    A : D’accord. Donc il faut… faut se méfier ?
    L : Faut faire attention quand même. Faut faire attention. Mais sinon, il y a d’autres bêtes. Il y a des hannetons (1) , il y a des lézards.
    A : Ah bon ?
    L : Il y a beaucoup de lézards.
    A : Des gros ou des petits ?
    L : Un peu des deux ! Un peu des deux.
    A : Oui. Des araignées ?
    L : Des araignées. Pas beaucoup d’araignées mais un peu.
    A : Bon et il fait chaud.
    L : Il fait très chaud. Il fait à peu près toute l’année 33-34°, si c’est pas plus. Après, ça dépend des… des endroits où vous êtes. Par exemple moi, au Gros Morne, j’ai un peu plus de pluie quand même que dans le sud où il va tout le temps quasiment avoir (2) 34-35, si c’est pas plus. Ça dépend des…des endroits en fait.
    A : Mais il y a pas…il y a pas une saison sèche et une saison humide ?
    L : Exactement. Donc juillet-août, comparé à …à nous qui sommes en France, juillet-août, c’est la saison des pluies. Donc c’est là où on aura le plus de chance d’avoir des cyclones ou des…des tempêtes.
    A : Et il pleut vraiment beaucoup, quoi, à ce moment-là.
    L : Ah oui. A ce moment-là, ça dépend des…des années. Il y a des années où on peut avoir des pluies qui peuvent même entraîner des inondations ou… Mais sinon il y a des années où c’est sec quand même, quoi. On a la pluie le soir qui tombe bien fort, comparé à ici. Mais ça… ça aide à s’endormir.
    A : D’accord. Et ouais, les cyclones, alors ?
    L : Alors…
    A : Vous en avez déjà vécus ?
    L : Alors moi, j’en ai déjà vécu un particulièrement qui était assez difficile quand même, parce que il était, bon… Moi j’ai pas subi de dommages vraiment. Après, tout ce qui était plantes, arbres fruitiers qu’il y avait près de chez moi…
    A : Ça a été détruit ?
    L : Il y avait plus rien. Il y avait des maisons près de chez moi qui ont été détruites complètement, avec des cocotiers qui sont tombés.
    A : Oui. C’était quand ça ? C’est lequel ?
    L : C’était juillet-août. C’était août de… 2007 à peu près. Si je me trompe pas, c’était août 2007. Donc on a eu beaucoup de dégâts. On n’a pas eu d’électricité pendant au moins un mois.
    A : Mais ça fait peur ou pas ? Comment on s’y prépare ?
    L : Bah on ferme tout déjà (3).
    A : Vous êtes équipés pour…
    L : Pas spécialement. Mais on essaye quand même de…
    A : De se protéger.
    L : De se protéger le plus que possible (4). Donc tout ce qui est dehors, comme chaises, les tables sous les vérandas, on rentre tout. Les bêtes, on essaye de les mettre bien à l’abri. Parce que les gens là-bas, ils ont beaucoup… beaucoup d’animaux domestiques, les bœufs, tout ça. Donc… et après on ferme tous les stores, toutes les fenêtres, tout ce qui peut se casser, on les met à l’abri pour pas qu’il y ait… Donc on essaye de vraiment… qu’il y ait le moins de dégâts possible. Bon après on peut pas éviter les tôles qui tombent ou…
    A : Ça doit être impressionnant quand même, hein.
    L : C’est très impressionnant parce qu’on entend toutes les vitres claquer, les vitres qui se… qui s’éclatent (5), qui se pètent (6), quoi. Et après le lendemain, on a juste à constater les dégâts. On peut rien faire, donc on attend le lendemain. Et le lendemain, on voit qu’il y a plus d’électricité, il y a plus d’eau. Donc vive les rivières, quand même ! Et puis voilà, hein.
    A : D’accord.
    L : On fait avec. Les… les magasins sont fermés.
    A : Oui, oui. Il faut avoir fait les courses un peu avant.
    L : Oui, beaucoup.
    A : Quelques provisions.
    L : Beaucoup de courses d’ailleurs. C’est pour ça qu’on favorise plutôt les denrées alimentaires.
    A : Oui, oui. Oui, parce qu’après, c’est quand même un peu désorganisé.
    L : Beaucoup.
    A : Pendant quelques jours.
    L : Et ça coûte beaucoup plus cher. Déjà qu’on a une vie assez chère en Martinique.(7)
    A : Ah oui. C’est vrai, oui.
    L : On a des produits que vous, vous trouvez peut-être à 4 euros, ici, on les trouve à 8 euros, par exemple, comme les produits de beauté.
    A : Oui, oui, c’est doublé.
    L : Et pourtant, on est très sur la… la coquetterie (8)!
    A : D’accord.
    L : Et voilà.
    A : D’accord. Ben merci beaucoup pour tous ces renseignements.
    L : Y a pas de souci.

    Quelques détails :
    1. des hannetons : normalement, on ne fait pas la liaison avec « des ».
    2. Laura devrait dire : où il va y avoir… avec « y »
    3. déjà : ici, il a le sens de « premièrement ».
    4. on dit : le plus possible, sans « que »
    5. s’éclatent : on dit plutôt « qui éclatent ». S’éclater, ça signifie en langage familier « s’amuser vraiment ».
    6. se péter : se casser (familier)
    7. Déjà que… : la vie est chère en temps normal. Donc elle est encore plus chère dans ces circonstances.
    8. On est très sur la coquetterie : la coquetterie, se faire belle (ou beau), c’est très important en Martinique. (familier)

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    Et toujours l’autre blog de France Bienvenue, avec encore du français, à travers des mots écrits et dits, des enregistrements transcrits, des petits détails sur le français comme on le parle et l’écrit, des photos…
    A bientôt!

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