Ailleurs

Voici quelques mois qu’Anne la Française fait ses études aux Etats-Unis. Ce qui est passionnant quand on voyage et surtout quand on vit assez longtemps ailleurs, c’est qu’on se rend compte des différences, on a le regard plus acéré et plus curieux. C’est de tout cela dont parlait Anne, de passage en France il y a quelques semaines. De Washington donc mais aussi de Paris.


Transcription:
P: Paul / A: Anne

P : Donc bonjour Anne. Tu vas nous parler de tes études.
A : Oui, bonjour.
P : Donc explique-nous un peu en quoi tu as un parcours atypique (1).
A : Je suis dans une école dans laquelle il est un peu obli[…]… il est obligatoire de partir à l’étranger pendant un an.
P : Et tu as choisi de partir où (2)?
A : J’ai choisi de partir à Washington.
P : Donc explique-nous un peu cette aventure.
A : Ben… Donc je… je suis partie il y a quatre mois, donc là (3), on est pendant les vacances de Noël (4), il me reste encore quatre mois de cours ici (5). Je suis dans une… une assez grande université: il y a 25 000 étudiants (6). Et donc je suis les cours comme les Américains, tout en anglais.
P : Donc tu as progressé en anglais ou tu avais déjà un bon niveau avant de partir ?
A : J’avais un niveau correct mais j’ai l’impression d’avoir quand même pas mal progressé (7).
P : D’accord. Et c’est un grand changement par rapport à tes études à Paris ?
A : Enorme ! C’est un mode de vie totalement différent. Les étudiants sont beaucoup plus encadrés (8). Tout le monde vit dans des résidences universitaires. Du coup, il y a beaucoup plus une ambiance de campus par rapport à d’autres universités en France.
P : Oui. Et tu vis avec d’autres étudiants ?
A : Oui. Je vis avec trois Américaines.
P : Et ça se passe bien la… la vie en communauté ?
A : Ça se passe pas mal. C’est assez bizarre de partager sa chambre avec des gens qu’on n’a jamais vus avant. Mais on s’habitue.
P : Donc tu découvres une nouvelle culture, une nouvelle façon de vivre ?
A : Oui.
P : La cuisine ?… Qu’est ce qui t’a le plus marquée (9) ?
A : Ah bah alors, je ne suis pas une grande, grande fan de la cuisine américaine! J’aime bien les petits déjeuners. Et pour le reste, ça me plaît pas trop (10).
P : Et ça te permet de visiter la ville ?
A : Eh bah oui, parce que c’est une ville où il y a énormément, énormément de musées. C’est la ville où il y a le plus de musées au monde et puis c’est aussi une ville très vivante, il y a des restaurants, il y a des boîtes (11), il y a des magasins et plein de choses à faire.
P : E t tu as un mode de vie similaire à celui que tu avais à Paris ?
A : Non, parce qu’à Paris, j’étais beaucoup plus indépendante, parce que j’avais mon propre… mon propre studio (12), je faisais toutes mes courses toute seule. Je… j’étais… je m’occupais de tout toute seule, alors que là, c’est une vie à plusieurs. Et puis il y a des concierges dans le bâtiment qui nous aident si on a des problèmes. Donc c’est une vie un peu plus facile, je dirais, qu’à Paris.
P : D’accord: donc plus encadrée et plus… plus aidée.
A : Voilà. Mais en même… en même temps moins indépendante du coup (13). Et quand on est habitué à être très indépendant, c’est pas forcément facile.
P : Ça sera un peu ton petit regret par rapport à ta vie que tu avais à Paris.
A : Oui, oui, définitivement (14).
P : Et ça te permet de voyager un peu dans la… les Etats-Unis (15) ?
A : Oui. Alors jusqu’ici, je suis allée à Baltimore et à Philadelphie et là, je suis en Floride et je vais partir pour New York et pour Montréal pendant le second semestre.
P : Donc ça reste quand même très différent de Paris puisque tu peux voyager alors qu’à Paris, tu connaissais peut-être plus les environs.
A : Pas forcément. Mais je n’y allais pas parce que quand on est dans son propre pays, on a moins tendance à aller faire du tourisme.
P : C’est vrai, alors que là tu peux profiter de cette expérience pour découvrir un peu les Etats-Unis.
A : Ouais. Et pour finir je dirais que c’est un peu ça, un des grands atouts (16) de… du départ à l’étranger, c’est qu’on se rend compte de… du fait que le quotidien est exceptionnel, alors que quand on vit, bon, par exemple à Paris mais dans son propre pays, on a… on est plus dans une routine, on réfléchit moins au fait que:  » Tiens, c’est peut-être la dernière fois que je viens ici » ou ce genre de choses.
P : D’accord. Donc tu retiens beaucoup de positif de cette expérience.
A : Oui.
P : Et ben, bonne continuation pour la suite à Washington.
A : Merci beaucoup.
P : Merci à toi.

Nos explications:
(1) atypique : peu conventionnel
(2) Tu as choisi de partir où ? : cette question, avec cet ordre des mots, est naturelle à l’oral mais impossible à l’écrit.
(3) donc là : c’est-à-dire au moment de l’entretien entre Anne et Paul.
(4) les vacances de Noël : Elles durent 2 semaines en France et un mois à l’université de Washington. Donc Anne était rentrée un peu en France pour passer les fêtes avec sa famille.
(5) ici: Anne veut parler de Washington. En fait, étant donné qu’elle était rentrée en France au moment de cet enregistrement, elle aurait dû dire: là-bas.
(6) 25 000: on dit « vingt-cinq mille« . Et à l’écrit, on laisse un espace entre chaque groupe de trois chiffres dans les grands nombres. (On ne met pas de virgule, contrairement à l’anglais.)
(7) j’ai pas mal progressé: j’ai bien progressé /Les progrès sont bien visibles. On emploie « pas mal » quand on ne veut pas aller jusqu’à dire carrément « beaucoup ».
(8) être encadré: étudier (et vivre) dans un environnement où il y a des structures, où vous n’êtes pas obligé de vous débrouiller tout seul, où vous avez davantage d’aide pour vous guider.
(9) marquer quelqu’un : surprendre quelqu’un. Ce qui nous marque, c’est ce qu’on remarque, qui nous surprend et qu’on n’oubliera plus.
(10) ça me plaît pas trop: l’emploi de « pas trop » est une manière d’adoucir la critique, de la nuancer.
(11) des boîtes : des boîtes de nuits, des discothèques. En français, on dit qu‘on va en boîte, qu’on sort en boîte.
(12) un studio : un petit appartement, avec juste une pièce principale, une petite cuisine (ou un coin-cuisine) et une salle de bains. A Paris, il y a des studios vraiment très petits mais dont le loyer est cher, en fonction du quartier !
(13) du coup: par conséquent. « Du coup » est très employé à l’oral.
(14) définitivement: ici, Anne est influencée par l’anglais « definitely » qui signifie en fait : « c’est sûr, c’est certain. » « Définitivement » en français signifie que c’est pour toujours, que ça ne changera plus, comme par exemple dans  il a quitté la France définitivement. C’est le contraire de provisoirement, temporairement.
(15) dans la… les Etats-Unis: il faudrait dire: voyager aux Etats-Unis. Mais comme souvent à l’oral, on commence une phrase d’une façon, on cherche ses mots et on ne corrige pas tout si on la continue différemment.
(16) un atout: un avantage, un point positif.

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2 responses to “Ailleurs”

  1. Charlotte Bednarski says :

    Anne, ce une grande experience! Je voudrais voyager a Paris si j’avais la possibilite. Je pense que la meilleur facon apprendre une langue est quand un etudiant vit dans un pays qui parle que langue.

  2. Carly says :

    Bonjour Anne! J’espère que tu as aimé les États Unis. J’adore le petit déjeuner ici, aussi. C’est mon repas favori. à quelle université est-ce que tu as étudié?

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