Comme un poisson dans l’eau (1)

Avec les Jeux Olympiques qui battent leur plein, la natation est à l’honneur. Alors voici Lauranne qui est comme un poisson dans l’eau depuis qu’elle est toute petite. Elle adore nager. Mais elle aime aussi la danse. Alors elle s’est tournée vers la natation synchronisée dès qu’elle a eu l’âge requis. Et depuis, elle n’a plus quitté les bassins !
Découverte de ce sport très exigeant avec une passionnée.


Transcription:
A: Anne / L: Lauranne

A: Alors bonjour Lauranne.
L: Bonjour.
A: Bon, on est en pleins Jeux Olympiques (1), enfin, ça démarre. Et je sais que tu pratiques un sport qui est aux Jeux Olympiques.
L: La natation synchronisée.
A: Voilà. Mais moi en fait, la natation synchronisée, bon, j’ai pas dû en voir beaucoup, donc je voudrais bien que tu m’expliques un petit peu plus parce que… Alors pourquoi tu as commencé ça? Parce que bon, la natation, OK, on imagine les enfants, les parents les inscrivent et tout. Mais la nat[…] la natation synchronisée, pourquoi est-ce que tu as commencé ça ? Comment ça s’est passé ?
L: Alors en fait, j’ai choisi la natation synchronisée dès que j’étais enfant. Bah en fait, j’ai appris à nager vers quatre, cinq ans…
A: Ah oui ? C’est tôt quand même.
L: … à la… à la piscine de Hyères (2), donc dans le sud de la France, bon, le lieu de vacances.
A: Oui, oui.
L: Et c’est quand même un assez bon club de natation synchronisée et donc ils affichaient souvent des… des photos de natation synchronisée à l’entrée. Et enfant, je voyais ces photos et ça m’a toujours fait rêver. Et donc on en avait parlé au maître-nageur. Bon, je venais à peine de savoir nager et j’avais demandé: « Est-ce que je peux faire ça ? » Et il nous avait dit: « Bah il faut savoir nager et bah ça demande beaucoup de choses. On peut pas commencer à cinq ans. » Donc…
A: Oui ? On commence à quel âge ?
L: Bah j’ai dû attendre dix ans (3), parce qu’il fallait que j’aie un bon niveau en natation. Par exemple, je devais savoir nager les quatre nages. Et puis ensuite…
A: Oui. Et alors à dix ans, tu savais nager les quatre nages ?
L: Oui. Oui.
A: Waouh !
L: Non, non, ça va, ça va (4) ! Et… Et puis aussi, ils demandent une grande souplesse. Donc ils nous demandaient de faire de la danse avant.
A: Ah ! Sur terre.
L: Voilà, sur terre. Donc… Et à dix ans, donc on est en CM2, CM1 (5)…
A: Oui, quelque chose comme ça.
L: Enfin voilà. On devait passer donc une sélection… enfin on devait passer une sorte d’épreuve avant d’entrer dans le club. Et donc, bah il y a forcément des gens qui sont éliminés. Et donc on avait épreuve de natation, épreuve de gymnastique-danse, et ensuite, bah on pouvait intégrer le club.
A: Ah oui. Dis donc (6) mais c’est… Oui c’est très sélectif quand même, hein ! Il faut des qualités…
L: Bah on peut pas commencer ce sport comme ça.
A: Et alors toi, tu as tou[…]… Malgré…
L: Bah oui !
A: … les difficultés…
L: Ah oui !
A: …. et le temps qu’il fallait, tu as… tu as persévéré, quoi. A quatre ans, tu te dis: « Je veux faire ça et…
L: A quatre ans, ouais, j’ai… Mais non mais (7) les photos, elles étaient magnifiques !
A: … tu as tenu jusqu’à dix ans.
L: Bah oui. Oui, oui.
A: D’accord. Et alors là, ça a été le rêve ?
L: Ah oui ! Et puis bah, c’est toujours le rêve !
A: C’est vrai ? Donc tu as toujours continué.
L: Hum (8). J’ai jamais arrêté. La seule année où la piscine était en travaux…
A: Mince ! (9)
L: Non, non, non ! La seule année où la piscine était en travaux, on a dû changer de piscine.
A: Oui ?
L: Et c’était à une demi-heure…une demi-heure de plus (10) en voiture. C’était à la piscine de Polytechnique (11). Et donc on a nagé avec les… bah les élèves de Polytechnique. Et c’était très, très drôle!
A: Ah bon ? Pourquoi ? Ils nagent mal ?
L: Non, non, non ! Ils nageaient bien mais ils se demandaient… On était petits, on devait avoir douze ans, douze-treize ans. Et on faisait de la natation synchronisée à côté d’eux. Donc… Puis on était à Polytechnique quand même ! Voilà.
A: Oui, oui. D’accord. Un lieu prestigieux et tout. Et… Alors, ça veut dire que tu t’entraînes combien de fois par semaine?
L: Bah aujourd’hui, deux fois par semaine, enfin, cette année.
A: Combien de temps ça dure ?
L: Un entraînement basique, c’est deux heures.
A: Ah oui, quand même !
L: Mais après, ça peut passer à trois heures. Mais avant, quand j’étais en compétition, c’était plutôt trois entraînements par semaine. Et donc ça donnait à peu près six à sept heures d’entraînement.
A: Oui, oui, oui.
L: Parce qu’en fait, on reste pas… C’est pas deux heures dans l’eau. C’est une heure à sec – on dit comme ça: une heure à sec – et une heure dans l’eau.
A: Ah ! Vous répétiez…
L: Et donc à sec… à sec, on répète le ballet, on fait de la souplesse, des étirements, des abdos (12), l’entraînement physique.
A: C’est marrant, c’est très complet. Bon puis après, on se met à l’eau.
L: Après, on se met à l’eau.
A: D’accord.
L: Et il y a toujours les dix-quinze minutes de natation pure. Ensuite… ensuite, on a des exercices… enfin, pour le gainage et autre, enfin pour se préparer à… au ballet. Et après, on fait le ballet en musique.
A: Et alors… enfin je sais qu’il y a des trucs solos et… Toi, c’était quoi alors ? Vous étiez en équipe… enfin… ?
L: Bah en fait…
A: Combien vous êtes ?
L: Dans notre équipe, on est aujourd’hui… Donc cette année, on a été huit. Donc c’est le… le chiffre… enfin le nombre normal.
A: Oui.
L: Ensuite, nous, comme on n’est plus vraiment dans la compétition, mais c’est plutôt une compétition-loisirs, enfin pas loisirs, mais voilà. Donc maintenant, ça s’appelle des combinés, c’est-à-dire qu’ on va faire… dans un même ballet, il va y avoir un… une chorégraphie équipe, une chorégraphie solo, une chorégraphie duo…
A: Ah oui !
L: Trio même. Et donc… donc cette année, j’ai fait solo et équipe.
A: D’accord. Et alors un truc très bête (13), parce que bon, j’ai vu un peu quand même de natation synchronisée, je me suis toujours demandé comment elles faisaient pour être impeccables comme ça, le… les beaux cheveux… enfin, il y a des trucs (14), non ? Puis je sais pas, vous êtes maquillées, non ? Vous êtes…
L: Oui. Non, c’est pas… c’est pas très… Bon, je le dis quand même, mais en fait, on met de la gélatine sur les cheveux. Donc c’est la graisse de porc.
A: Ah, c’est ça !… Il faut avoir les cheveux longs ?
L: Oui, quand même, pour faire un chignon.
A: C’est ça, il faut faire un chignon ?
L: Ouais.
A: C’est comme la danse classique. Il y a quand même des… des…
L: Ouais, comme la danse classique. Il y a des codes.
A: … des critères, ouais, des codes. (15)
L: Des critères, oui. Donc on met de la gélatine, donc graisse de porc.
A: C’est vrai ?
L: C’est embêtant.
A: Ça sent bon ?
L: Non, ça sent pas bon !
A: C’est vrai ?
L: Et puis ça colle partout !
A: Ah !
L: C’est horrible !
A: Ah ! J’aurais pensé que c’était un truc agréable et tout.
L: Non, non, non ! C’est… C’est le truc (16) que toutes les nageuses détestent !
A: Ah bon !
L: Ah oui !
A: Et on n’a rien trouvé d’autre ?
L: Bah non, parce qu’on a essayé les gels, les sprays aussi, ça marche pas et souvent ça se détache…
A: Il y a que ça qui tient vraiment.
L: Oui.
A: Eh oui, parce que c’est ça, vous faites quand même des trucs qui peuvent… enfin… bousculer le chignon ! (17)
L: Oui ! Bah oui. Oui, oui. Et puis l’eau aussi, ça… ça dilue les cheveux, je pense, je sais pas trop.
A: Combien de temps ça dure…
L: En général…
A: … un ballet… enfin… ?
L: Quatre minutes, cinq minutes.
A: Et alors, qu’est-ce que tu…. qu’est-ce que tu aimes, toi, là-dedans ? Qu’est-ce que c’est qui te…
L: Bah pour moi, c’est vraiment un sport complet. Il y a la technique, donc tout ce qui est codes, les figures imposées, voilà. Ensuite, bah, il y a le physique (18) parce qu’il y a l’endurance et il y a natation plus danse. Et ensuite, il y a l’artistique. Et là, bah ça, c’est ce qui fait rêver. C’est la chorégraphie…
A: Oui, oui. C’est beau, hein !
L: … la gestuelle (19). Tout ça. Ouais, c’est vraiment ça.
A suivre…

Des explications:
1. on est en pleins Jeux Olympiques: cette fois, ils ont vraiment commencé et on est plongé dans l’événement.
2. Hyères: une jolie ville au bord de la Méditerranée dans le département du Var.
3. j’ai dû attendre 10 ans: cette phrase, hors contexte, peut s’interpréter de deux façons différentes. Pour que ce ne soit pas ambigu ici, on peut dire: j’ai dû attendre d’avoir 10 ans / J’ai dû attendre mes 10 ans.
4. ça va: Lauranne veut dire que ce n’est pas exceptionnel, qu’elle n’a rien fait d’incroyable.
5. le CM1 et le CM2: ce sont les deux dernières classes de l’école primaire.
6. Dis donc: c’est une exclamation qui exprime la surprise.
7. Mais non mais… : c’est aussi une façon de renforcer ce qu’on dit. Cela signifie: bien sûr, il y avait des difficultés, mais ce n’était pas important. Le plus important, c’était ces photos qui la faisait rêver.
8. Hum: cette onomatopée sert à dire oui.
9. Mince ! : c’est un commentaire sur le fait que la piscine soit fermée, ce qui paraît négatif au premier abord. (Je pensais que Lauranne allait expliquer qu’elle avait dû arrêter pendant quelque temps.) On peut dire aussi: Zut !
10. une demi-heure de plus: ici, il faut prononcer le « S » à la fin de plus.
11. Polytechnique: c’est la grande école la plus prestigieuse de France.
12. des abdos: c’est l’abréviation de « abdominaux« , ces muscles du ventre. On dit qu’on fait des abdominaux / des abdos.
13. un truc très bête: quelque chose de stupide, d’idiot. (C’est une manière ici de s’excuser en quelque sorte de poser une question terre à terre.)
14. un truc = une astuce.
15. des codes: c’est bien ce mot qui est le plus approprié ici. (Un critère, c’est un élément qui permet de faire une sélection).
16. le truc: ici, c’est le sens de « la chose », « ce que… » (familier)
17. bousculer: normalement, on bouscule quelqu’un, c’est-à-dire qu’on le pousse. Cette image ici exprime l’idée que la coiffure des nageuses est malmenée pendant leur ballet et que leur chignon peut se défaire.
18. le physique: c’est le côté physique, sportif.
19. la gestuelle: l’ensemble des mouvements, les gestes.

Et chez vous ?
– La natation française se porte plutôt bien en ce moment, avec quelques belles médailles ! Pourtant, il y a encore des progrès à faire pour que tous les enfants apprennent à bien nager. Est-ce que savoir nager est important dans votre pays ? Apprend-on à l’école ou est-ce un choix individuel de la famille ?
– Suivez-vous les Jeux Olympiques ? En France, cette fois-ci, c’est plus pratique car il n’y a qu’une heure de décalage horaire avec Londres !

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5 responses to “Comme un poisson dans l’eau (1)”

  1. hemi.ba says :

    Quel site formidable! Bravo!

  2. Andreï says :

    Bonjour à tous et à toutes ! Les JO, c’est un grand évènement et ce n’est pas qu’en France comme ça ! Chez moi le décalage horaire avec Londres est un petit peu plus important (cinq heures) mais ça ne fait rien, ça ne m’empêche pas de les suivre de près. Malheureusement les résultats de la sélection de Russie sont médiocres maintenant mais je suis sûr que tout va bientôt changer ! Et surtout quand commencera la compétition en natation synchronisée. Il ne me reste qu’à souhaiter ‘Bonne chance !’ aux équipes de Russie et de France.

    Et encore une question sur le subjonctif de nouveau. C’est la phrase ‘parce qu’il fallait que j’aie un bon…’ qui a attiré mon attention. Ma question ne porte pas sur l’emploi du subjonctif mais sur la concordance des temps. Voilà, comment faire si le verbe ‘falloir’ est au passé ? Si je ne me trompe pas en espagnol l’imparfait du subjonctif est utilisé assez souvent mais ce n’est pas le cas en français ?

    • Anne says :

      Bonjour Andreï,
      Je réponds avec retard et même si je sais que vous avez trouvé la réponse depuis ! C’est juste pour les lecteurs qui voudraient savoir !
      Oui, il s’agit bien du subjonctif présent (que j’aie). En français, le subjonctif imparfait (que j’eusse, que tu eusses, qu’il eût, etc…) est maintenant très peu employé, et surtout pas à l’oral. A l’écrit, c’est très littéraire et en fin de compte, peu d’écrivains actuels l’utilisent. Quand on le trouve encore, c’est très souvent avec le verbe avoir ou le verbe être (que je fusse) et surtout à la 3è personne du singulier (qu’il eût / qu’il fût). Avec d’autres verbes, ces formes nous paraissent très lourdes et bizarres. C’est le présent qui s’est imposé, sûrement parce que c’est plus simple à conjuguer. Les enfants apprennent très peu ce temps du subjonctif aujourd’hui. Ils en auront essentiellement besoin pour lire les écrits des siècles passés.
      Pour ceux que ça intéresse, j’avais parlé un peu de ce temps sur mon autre blog il y a quelque temps.
      C’est ici.

      • Andreï says :

        Bonjour Anne ! C’est vrai que j’ai déjà trouvé la réponse (sur votre blog, d’ailleurs, il faut le noter). Mais ce m’est toujours intéressant de lire/écouter des avis des gens qui peuvent m’apprendre quelque chose de nouveau. Merci donc !

  3. amal says :

    merci à vous , je suis marocaine 🙂

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