Un lycée pas comme les autres

Avant de poursuivre ses études à l’IUT, Anthony a préparé et réussi son bac. Rien que de très normal. Mais ce qui est plus original, c’est qu’il a passé ses trois années de lycée au lycée militaire d’Aix en Provence. Il nous explique ce qu’il y a de différent par rapport aux autres lycées.

Transcription
A : Anne / An : Anthony

A : Bonjour Anthony.
An : Bonjour.
A : Donc vous nous avez parlé de vos études au Lycée Militaire mais bon, un lycée militaire, c’est quand même pas quelque chose de très fréquent, quoi, pour nous, ici.
An: Non.
A : Alors, pourquoi vous êtes allé là ?
An : Alors en fait, je suis allé là parce que en 3è, (1) niveau scolaire, ça allait pas très fort (2). Et j’avais envie de m’orienter vers l’Armée, parce que c’est… c’est ce qui me correspond le plus à mon tempérament (3). Et du coup, j’ai passé les concours et je me suis retrouvé admis au Lycée Militaire d’Aix en Provence.
A : Ah oui, parce que c’est ça, il faut passer des examens, quoi…
An : Un concours (4).
An: Oui.
A : Un concours. Et alors, c’était quoi, ce… ces épreuves ?
An : Alors, il y avait une épreuve de français, d’anglais, de mathématiques. Et après, le reste, c’était par rapport aux appréciations qu’on avait eues dans les classe antérieures.
A : Et alors, vous aviez un bon dossier ? Vous étiez sage au collège ?
An : Au niveau des notes, c’était peut-être pas trop ça (5) mais au niveau des appréciations, ça a toujours été…
A : Un bon comportement et tout ça.
An : Un bon comportement, investissement (6), volonté.
A : Ouais, d’accord. Parce qu’ils veulent pas de… d’élèves…
An : Non.
A : … qui soient casse-pieds (7)…
An : Non, non.
A : Indisciplinés et tout ça.
An : Il y en avait aucun là-bas.
A : Alors justement, donc… donc vous êtes allé à partir de l’âge de quoi ? Quinze ans à peu près ? Quatorze ans ?
An : Oui, seize ans, seize ans, vu que j’avais un an de plus.
A : Seize ans ?
An : Donc…
A : Donc vous pouvez comparer avec avant, alors.
An : Avec le civil, oui. Il y a… Il y a beaucoup à comparer. Déjà, au niveau de la mentalité des élèves. Les élèves, ils ne font pas de bruit en cours, ils écoutent parce que les professeurs, ils sont tellement captivants ! Ils sont tellement captivants que il y a pas un bruit (8), c’est… c’est discipliné. C’est… On est tous en uniforme.
A : Ah oui !
An : Puis si jamais… On sait que derrière, on se fait taper sur les doigts (9) par les militaires si jamais on part trop en déconnade (10).
A : D’accord. Et si on… ça veut dire quoi « se faire taper sur les doigts » ? Vous êtes punis ? Vous êtes…
An : Etre privé de sortie le mercredi, le weekend.
A : D’accord. C’est sévère.
An : C’est sévère la première année. Après, c’est vrai que au fur et à mesure, quand on commence à côtoyer le personnel militaire, parce qu’ on est 24 heures sur 24 et sept jours sur sept pour la plupart avec eux, forcément, on développe des liens et ainsi de suite.
A : Oui, oui. Et après il y a une espèce de confiance et tout…
An : Voilà, c’est ça.
An : Et tout le monde respecte tout le monde.
An : Oui, il y a jamais eu d’incident quelconque.
A : D’accord. Oui, parce que c’est ça, vous étiez en internat (11)
An : Oui.
A : C’est un internat. Donc vous rentriez chez vous que le weekend.
An : Que le weekend, oui.
A : Et le fait qu’il y ait beaucoup de discipline, ça… ça vous plaît, ça, puisque vous dites que vous aimez l’armée.
An : Après, je pense pas qu’il y avait plus de discipline qu’ailleurs. C’est juste la normalité des choses, selon moi. Et… Et oui, j’ai toujours été à l’aise avec la discipline, j’ai jamais eu de problème quelconque.
A : Mais le fait justement maintenant par exemple d’être à l’IUT… Bon, c’est pas du tout militaire…
An : Non.
A : Je sais pas, qu’est-ce que vous pensez du comportement de certains étudiants, ou… je sais pas… ou de l’attitude entre les étudiants et les profs ?
An : Bah je pense que, honnêtement, il y aurait pas mal d’élèves qui seraient partis du lycée militaire en pleurant, comme j’en ai vu le premier jour, d’ailleurs.
A : Oui ?
An : Oui. Et par rapport aux professeurs, disons que la pédagogie n’est pas la même.
A : Qu’est-ce qui était mieux alors au lycée militaire ?
An : Disons que au lycée militaire, on était dans les temps (12). On finissait toujours le programme super en avance (13), donc on avait beaucoup de temps pour réviser. Puis en plus, les professeurs, ils apportaient beaucoup d’eux-mêmes par rapport à la culture et tout ça. Puis comme le soir, on était obligé de travailler jusqu’à 21 heures 30, il me semble…
A : Oui ? Il y avait étude surveillée, quoi.
An : Etude surveillée.
A : Oui. Donc du coup, les élèves travaillent beaucoup plus.
An : Voilà.
: Et le niveau est plus… plus élevé.
An : 100 % de réussite au bac.
A : Et… Mais vous trouvez ça dur ici à l’IUT, au niveau de l’ambiance ?
An : Au niveau… En fait, ce qui est dur à l’IUT, c’est surtout le contexte, le contexte parce que c’est vrai que il y a la route à faire (14), ce qu’il n’y avait pas là-bas, vu qu’on était directement sur place.
A : Ah oui, c’est une perte de temps et c’est de la fatigue.
An : Voilà, c’est… c’est de la fatigue de conduire. On arrive, on n’est pas forcément motivé. Le fait que aussi, ce qui choque c’est le manque d’activités sportives.
A : Ah bah oui, oui, c’est ça, dans un lycée militaire, il y a beaucoup de…
An : Bah on avait minimum une heure de sport par jour, quoi, alors que là on se retrouve à…
A : Rien !
An : A rien.
A : Assis sur une chaise.
An : Voilà, c’est ça.
A : Donc c’est un peu dur quand on a eu l’habitude…
An : Ouais.
A : … de se bouger (15) tous les jours.
An : Oui.
A : Et vous faisiez quoi comme sport ? C’était des activités différentes selon les jours ?
An : On avait le choix. On avait un peu de tout : grimpé à la corde, entraînement musculaire, rugby, football, basketball, handball, etc, etc…
A : Oui, oui, oui. Donc très varié.
An : Oui.
A : Et il y a des filles ?
An : Oui, il y avait des filles, oui.
A : C’est mixte.
An : Oui, c’est mixte.
A : Bon.
An : Enfin, internats séparés, mais c’est… c’est mixte.
A : Il y a plus de filles que de garçons… enfin, c’est pareil ou… ? Une majorité de garçons ?
An : Non, il y a plus de garçons que de femmes.
A : Mais vous voulez dire dans les profs ou dans les élèves ?
An : Dans les élèves.
A : D’accord.
An : Après, dans les profs, c’était assez aléatoire.
A : Et alors, l’histoire de l’uniforme ?
An : Bah l’uniforme, on a…
A : C’est quoi ?
An : En fait, on avait une tenue.
A : Oui.
An : Une tenue d’été, une tenue d’hiver, une tenue de cérémonie. On avait une tenue extérieure aussi et une tenue de sport, enfin, on a des tenues spécifiques.
A : Donc ça fait… Tout est bien organisé, quoi.
An : Tout est bien organisé, tout est droit, tout est carré (16).
A : Bon, bah écoutez, bon courage ailleurs !
An : Merci.
A : Et puis, bah il faudrait nous montrer vos uniformes un jour !
An : Sur les photos peut-être.
A : Oui, voilà. Merci.

Des explications :
1. la troisième : c’est la dernière classe au collège (qui en compte quatre), avant de passer au lycée.
2. Ça n’allait pas très fort = ça ne marchait pas très bien. Ses résultats n’étaient pas très bons.
3. Soit il faut dire : C’est ce qui me correspond le plus. Soit on dit : C’est ce qui correspond le plus à mon tempérament.
4. Un concours : c’est un examen d’entrée dans une école mais il y a un nombre limité de places. Donc il ne suffit pas d’être bon. Il faut être meilleur que les autres.
5. C’était pas trop ça : ce n’était pas totalement satisfaisant. (familier)
6. l’investissement : c’est lorsque quelqu’un s’investit, s’implique dans une activité, dans son travail. On parle aussi d’implication.
7. Casse-pieds : pas sage / pénible. (familier)
8. Pas un bruit : et là, il y a le téléphone de Nabil qui sonne !
9. Se faire taper sur les doigts : c’est une image qui signifie qu’on se fait réprimander quand on fait une bêtise, une erreur.
10. Déconnade : ce nom vient de déconner, qui signifie faire des bêtises, s’amuser au lieu d’être sérieux. (très, très familier, plutôt vulgaire)
11. être en internat : faire ses études et vivre sur place à l’école. Les élèves sont des internes.
12. Être dans les temps : ne pas être en retard par rapport aux délais prévus pour une tâche par exemple.
13. Super en avance = très en avance (familier)
14. il y a la route à faire : il faut effectuer le trajet domicile – école.
15. Se bouger : avoir une activité physique (familier)
16. C’est carré : tout est bien ordonné. Rien ne dépasse.

TELECHARGER: Un lycée pas comme les autres – France Bienvenue

Et pour avoir un aperçu de la vie dans ce lycée militaire, vous pouvez regarder cette vidéo de présentation.

Et vous ?
– Aimez-vous la discipline ou au contraire, avez-vous été (ou êtes-vous) un élève pas très sage ?
– Est-ce qu’on est sévère dans les établissements scolaires dans votre pays ? Est-ce que les élèves respectent les enseignants? En France, beaucoup d’enseignants se plaignent du fait que les élèves sont plus indisciplinés qu’il y a quelques années et qu’il y a moins de respect vis-à-vis des professeurs.
– Y a-t-il des internats chez vous ? Trouvez-vous que c’est un bon système ?
Si vous voulez entendre d’autres élèves parler de leur vie en internat, vous pouvez aller sur France Bienvenue2

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One response to “Un lycée pas comme les autres”

  1. Julie says :

    interview intéressante !

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